- Détails
- Camp d'Auschwitz
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LITT KZAuschwitz BRILLE ENCORE AU CIEL DAME LUNA Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna |
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BRILLE ENCORE AU CIEL DAME LUNA Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna
Mélodie : |
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1.Brille encore au ciel dame Luna, S’éveille le camp de Buna, Le soleil de Silésie se lève, La colonne marche et rêve. Et pas à pas la nostalgie vient Et la lourde douleur de ce dur temps. Le travail appelle Et le chant retentit.
2. « Seul le travail rend libre ! » Des soucis il nous délivre. Le travail fait qu’on oublie Tout ce que nous avions jadis. Seul le travail nous rend durs, Quand le destin nous a rendus fous. Et le temps s’enfuit, la douleur s’en va : Seule l’œuvre de nos mains restera.
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1. Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna,
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Chants de camps de concentration Texte Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna Fritz Beda-Löhner Camp d’Auschwitz 1942 fr. : Yves Kéler
Mélodie Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna
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Le texteCe chant est de 1942, année durant laquelle Beda Löhner était interné à Auschwitz et où il y mourut. L’usine de Buna, fabricant du caoutchouc synthétique, était une des industries installées sur le camp, dans lesquelles des milliers de prisonniers furent exploités jusquà la déchéance et la mort. La strophe 2 fait allusion à la célèbre devise „Arbeit macht frei – la travail rend libre“, devis adoptée par les nazis en 1833 et apposée sur le portail d’Auschwitz et d’autres camps comme Dachau, Gross-Rosen, Sachsenhause et Theresienstadt. Fritz Befa-Löhner, autrichien d’origine tchèque, de religion israélite, librettiste et écrivain d’opérettes et de chansons, fut arrêté par la Gestapo en 1938 et envoyé d’abord à Dachau, puis à Buchenwald, où il écrivit son fameux „Buchenwald-Lied“, « Wenn der Tag erwacht, Eh die Sonne lacht – Avant le lever du soleil, très tôt. » En août 1942, son épouse Hélène et ses filles Liselott et Evamaria, de 13 et 14 ans, furent assassinées dans une de ces chambres à gaz ambulantes sur camion, que les nazis avaient mises en place avant l’extermination plus efficace dans les camps. En octobre de la même année Fritz Beda-Löhner fut transféré à Buna-Monowitz (Auschwitz III), pour travailler dans l’usine chimique de la IG Farben, la même destination que quelque temps plus tard pour Primo Levi. Mais Beda, à la différence de Levi, ne fut pas un „sauvé“, mais un „submergé.“ A la Buna, il écrivit plusieurs autres chants de prisonniers. Quasi la soixantaine, profondément marqué par 4 années de très dure détention et par la destruction de sa famille, il fut désigné aux SS comme un individu qui travaille peu. Fritz Beda-Löhner ne rentra plus dans la fabrique : ses gardiens le tuèrent à coups de poing et de chaussures.
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