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LITT KZRavensbrück 105 EN PAYS ETRANGER, AUX MAINS DE L‘ENNEMI Im fremden Land in Feindes Klauen KZ Ravensbrück, russe, 1944
EN PAYS ETRANGER, AUX MAINS DE LENNEM Im fremden Land in Feindes Klauen anonyme russe
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1. En pays étranger, aux mains de l’ennemi,
Une bonne nouvelle est arrivée :
« Sébastopol est libre, mes amis ! »
Combien je suis heureuse de ce communiqué ! Je respire !
2. A la clarté du blason qui m’est cher
Brille à nouveau la rade et le port,
Et ce que je porte de sentiments sacrés dans mon cœur
S’envole là-bas !
3. O ville de Sébastopol, ma patrie,
Quand tu étais jadis assiégée,
Combien t’avons-nous défendue de nos vies
De notre sang pour toi versé !
4. Sur les rochers mouillés de la mer,
En main les bandages de la Croix rouge,
Tu es tombée dans les bras de la mort,
Tu as sauvé les hommes avec courage.
5. Combien sont dans le repos éternel,
Pour toujours endormis dans les rues du port ?
Ou bien le feu des cartouches les a balayés dans la mer
Et les vagues les ont poussés au loin et fort ?
6. Oui, les vagues grises de la mer
Leur ont chanté le dernier chant,
Et les vents volaient sauvages et de travers,
Avec leur effroyable nouvelle
7. Mais nous ici, prisonnières de l’ennemi,
Emmenées sur son territoire,
Nous vivons encore parce que nous croyons à notre patrie,
– oui, de cela nous vivons – et à sa victoire.
8. Depuis la servitude, d’un pays lointain,
Sébastopol, nous te saluons,
Et qu’à tous les combattants en liberté soit dit :
Ici, nous vous attendons !
Texte de la traduction allemande du russe par Irma Liebmann
1.Im fremden Land in Feindes Klauen
eine gute Nachricht mich erreicht:
Sebastopol ist frei! Ist wieder unser!
2.Im Licht des Wappens, das mir teuer
Glänzt wieder Bucht und Hafen dort
Und was ich selbst an heiligen Gefühlen in mir trage,
das fliegt dorthin!
3. Oh heimatliche Stadt Sewastopol
Als du belagert warst einstmals
Wie haben wir dich da verteidigt
Vergossen unser Blut für dich.
4. Auf deinen nassen Meeresfelsen
Rot-Kreuz- Verbandszeug in der Hand
Bist du dem Tode in den Arm gefallen, Schwester
Hast ohne Furcht die Männer dort gerettet.
5. Wie viele sind in ewger Ruhe
Für immer eingeschlafen auf den Uferstraßen
Oder Kartätschenfeuer fegte sie ins Meer
Und Wellen trugen sie davon ins weite Wasser.
6. Ja, graue, graue Meereswellen haben denen
Das letzte Lied gesungen und
Stürme flogen krumm und wild vor Kummer
Davon mit ihrer fürchterlichen Nachricht.
7. Wir aber hier vom Feind gefangen
Verschleppt in sein Gebiet
Wir leben noch, weil wir an unsre Heimat glauben
An ihren Sieg - ja, davon leben wir.
8. Aus Sklaverei, aus einem fernen Land
Grüssen wir dich, Sewastopol!
Und al/en Kämpfern in der Freiheit sei's gesagt:
Wir warten hier auf euch.
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Texte Im fremden Land in Feindes Klauen auteur : anonym, 1944 russe traduction de Irina Liebmann, p. 105
1. dans Europa im Kampf 1939-1944 Internationale Poesie aus dem Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p. Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur Metropol Verlag 2005 Berlin
2. dans Europa v boij, 1939-1944 contient les textes du 1er livre en langue originale Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin original : , p. fr. : Yves Kéler 2.11.2014 Bischwiller
Mélodie probablement sans mélodie
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Le texte
Ce poème de 1944 d’une russe restée anonyme est peut-être du même auteur que celui intitulé « Sébastopol », lequel a été écrit par Aleksandra Sokova en 1943. Les deux textes parlent de Sébastopol, le premier de sa chute entre les mains des allemands le 4 juillet 1942, le second de sa reprise par les Soviets le 12 mai 1944. Les deux auteurs sont infirmières et font partie du groupe de médecins et infirmières capturés à Sébastopol et internés à Ravensbrück. Le style est la même. Tout cela fait penser que le poème anonyme pourrait être d’Aleksandra Sokova. On trouve la même description des lieux au bord de la mer, la même activité de sauvetage des hommes blessés (str. 4). L’auteur de « En pays étranger » était-elle aussi une combattante ? La strophe 3 dit : « Wie haben wir dich da verteidigt, Vergossen unser Blut für dich – Comment nous t’avons défendue, Versé notre sang pour toi. » Bien entendu ces points de convergence ne permettent pas d’affirmer l’identité des auteurs.
Deux points sont relevés sur la violence que subissent ces femmes : la violence des combats à Sébastopol, d’une part, la violence de l’esclavage nazi dans les camps, d’autre part. Cette notion d’esclavage apparaît dans quelques textes des camps. Elle caractérise un système qui n’est pas que pénitentiaire, mais aussi consacré à l’exploitation du travail d’humains réduits à l’esclavage.
L’optimisme apparaît à la fin du 1er poème : « Wir verlassen de Hölle hier – Nous quitterons l’enfer d’ici », phrase qui contient un mot due la violence faite à ces femmes : « Hölle –Enfer. » Dans le 2e poème, c’est l’attente de la libération par les soviétiques: « Wir warten hier auf euch – Nous, ici, nous vous attendons. » Les prisonnières du camp connaissent en 1944 l’avance inexorable des troupes soviétiques vers l’Ouest, après la bataille de Stalingrad gagnée le 3 février 1943.