PSAUME 23 N° 33
MISERICORDIAS DOMINI
CONFIANCE
SAINTE CÈNE
MORT, ENTERREMENT
DIEU, MON BERGER, ME GARDE
Der Herr, der aller Enden, Pr 1653
Psaume 23
Mélodie: Nun lasst uns Gott, dem Herren
IV 7f.7f, 7f.7f
A. lui, Dieu, et moi
Ps 23 en italique : extraits du Ps.23
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1. Dieu, mon Berger, me garde, Lui qui jamais ne tarde, Lui qui régit le monde, Le ciel, la terre et l’onde.
2. Quand avec lui j’avance, J’ai tout en abondance. Il m’offre sa richesse, Me donne avec largesse.
*
3. Car il conduit ma vie Vers la verte prairie, Me mène vers la source Où l’eau est fraîche et douce.
4. Si des soucis se trament, M’attristent dans mon âme, Dieu, dont l’amour s’empresse, Me sort de la détresse.
*
5. Il me montre, en bon Père, Comment laisser et faire ; Il sait calmer mes craintes, Sait écouter mes plaintes.
6. La route se fait dure, Et la vallée obscure ? Je ne crains pas son ombre, Ni que le ciel soit sombre.
B. toi, Dieu, et moi
7. Car tu vas à ma droite, Quand la route est étroite, Dans sa main la houlette, Près de moi, toute prête.
8. Tu m’assieds à ta table, Honneur incomparable ! Devant mes adversaires Qui me cherchent misères ! *
9. Tu oins ma tête d’huile Et de senteur subtile ; Et ma coupe déborde De ta miséricorde !
10. Amour que tu m’accordes, Bonté, miséricorde, Tes dons me rassasient Tout au long de ma vie. *
11. Je t’offre en sacrifice Au Temple, mon service, Au lieu que tu habites, Où les croyants méditent.
12. Je veux, sur cette terre, Au ciel, dans ta lumière, Te voir parmi tes anges Et chanter tes louanges.
Gloria
13. Gloire à Dieu, qui nous aime, Gloire à Jésus de même, Gloire à l’Esprit suprême, Jusqu’en les temps extrêmes. Amen. (sur la dernière note) |
v. 1a Der Herr
v. 1b mir
v. 2 Er
v. 3a meine
v. 3b Er
v. 4a Ich
v. 4b Du
v. 5a Du
v. 5b Du
v. 6a Gutes und Barmher- zikeit
v. 6b Ich
v. 6c Ich
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ER-LUI
ICH-MOI
ER-LUI
ICH-MOI
ER-LUI
ICH-MOI
DU-TU
DU-TU
DU-TU
Gutes und Barmher- zikeit
ICH-MOI
ICH-MOI
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Der Herr, der aller Enden Regiert mit seinen Händen, Der Brunn der ewgen Güter Der ist mein Hirt und Hüter.
So lang ich diesen habe, Fehlt mirs an keiner Gabe, Der Reichtum seine Fülle Gibt mir die Füll und Hülle.
*
Er lässet mich mit Freuden Auf grüner Aue weiden, Führt mich zu frischen Quellen, Schafft Rat in schweren Fällen.
Wann meine Seele zaget Und sich mit Sorgen plaget, Weiss er sie zu erquicken, Aus aller Not zu rücken.
*
Er lehrt mich tun und lassen, Führt mich auf rechter Strassen, Lässt Furcht und Angst sich stillen Um seines Namens willen.
Und ob ich gleich vor andern Im finstern Tal muss wandern, Fürcht ich doch keine Tücke, Bin frei vom Ungelücke.
Denn du stehst mir zur Seiten, Schützst mich vor bösen Leuten, Dein Stab, Herr, und dein Stecken Benimmt mir all mein Schrecken.
Du setzest mich zu Tische, Machst, dass ich mich erfrische, Wann mir mein Feind viel Schmerzen Erweckt in meinem Herzen.
*
Du salbst mein Haupt mit Öle Und füllest meine Seele, Die leer und durstig sasse, Mit vollgeschenktem Masse.
Barmherzigkeit und Gutes Wird mein Herz gutes Mutes, Voll Lust, voll Freud, voll Lachen, So lang ich lebe, machen.
*
Ich will dein Diener bleiben Und dein Lob herrlich treiben Im Hause, da du wohnest Und Frommsein wohl belohnest.
Ich will dich hier auf Erden Und dort, da wir dich werden Selbst schaun, im Himmel droben Hoch rühmen, sign und loben.
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Texte :
Der Herr, der aller Enden
Paul Gerhardt 1653
Cr Si 302/103
fr. : Yves Kéler 23.3.2007
Gloria français : Yves Kéler 23.3.07
Mélodie:
Nun lasst uns Gott dem Herren
Bei Nikolaus Selnecker 1587
Johann Crüger 1649
RA 334, EKG 42, EG 320
Le texte
Le texte du chant suit le Psaume biblique, verset par verset, selon l’habitude des auteurs du temps. Gerhardt suit le texte de Luther, qui se retrouve tout au long de son texte. J’ai mis les citations en italique. Gerhardt adopte le parti de consacrer 2 strophes à un verset biblique. Toutefois pas de façon méthodique. Car il y déroge pour le verset 2, qui occupe une seule strophe, la 3e, et pour le verset 6, qu’il développe sur 3 strophes : les 10, 11 et 12. Mais au total Gerhardt compose 12 strophes pour 6 versets du Psaume.
En suivant ainsi les versets du Psaume, Gerhardt rencontre le changement des personnes : ER-lui, DU- toi, ICH – moi, qui lui est cher. Il exploite ce changement pour créer une alternance identique des personnes. Le tableau en deux colonnes placé ci-dessus entre la traduction française et le texte allemand met en évidence la concordance des changements de personnes du texte biblique et du chant de Gerhardt : cette concordance est parfaite. Le plan de cette alternance divise le chant en deux parties de 6 strophes chacune : des strophes 1 à 6, ER et ICH alternent régulièrement et déterminent trois paires de strophes. La deuxième partie, des strophes 7 à 12, est plus variée et se subdivise en 3 strophes en DU, une générale correspondant à « Gutes und Barmherzigkeit – Bonté et miséricorde », et deux en ICH.
La strophe 12 est une amplification par Gerhardt du verset final du Psaume, dans l’esprit eschatologique qui lui est familier d’ajouter une strophe finale sur la vie éternelle. Il reprend ainsi l’interprétation eschatologique qu’on a souvent faite de ce dernier verset : « Je resterai éternellement dans la maison de Dieu, sur cette terre d’abord, puis dans le « Himmel – le ciel. » La strophe 11 exprime la louange dans le Temple terrestre, la 12 celle dans le ciel Gerhardt aurait pu arrêter à la strophe 11, qui achève le Psaume. Il aurait alors obtenu pour chaque verset biblique 2 strophes, avec l’exception du verset 3. De fait, cette dernière strophe est un couronnement de son texte, un peu à la manière du Gloria qui achève et coiffe le Psaume.
Gerhardt s’inscrit dans la grande tradition psalmique réformée et luthérienne, qui reprend l’intégralité du texte biblique, avec la volonté de chanter intégralement celui-ci. Ici, on peut constater qu’il n’y a pas de Pause, à la manière réformée, qui diviserait le texte en deux parties. Ce dernier est prévu pour être chanté en entier, au plus en deux parties, mais dans le même culte.
le Gloria Patri
Mais à la différence de Luther et des auteurs luthériens du XVIe Siècle, Gerhardt ne place pas de Gloria Patri à la fin de ses Psaumes.1 A l’époque de Gerhardt, le Psaume n’a plus cette valeur liturgique et cultuelle de l’Eglise ancienne. Celle-ci, selon le décret de Nicée-Constantinople, place obligatoirement le Gloria Patri après chaque Psaume pour intégrer la louange de l’Ancienne Alliance dans celle de la Nouvelle Alliance du Christ et celle de l’Eglise de l’Esprit. Maintenant le texte biblique a passé d’une fonction proclamative et communautaire, à une fonction méditative réflexive et individuelle. Toutefois, la dimension communautaire reste par le fait que ces psaumes seront chantés ensemble, dans le culte ou dans les réunions d’édification que le piétisme va bientôt lancer avec Spener.
Le Gloria Patri que j’ai ajouté à la fin n’est donc pas d’origine, mais veut permettre de chanter ce texte dans l’esprit des Psaumes. C’est pourquoi je l’ai placé en italique, pour qu’on le distingue du texte de Gerhardt.
Emploi
Dans un emploi actuel, en plus de son usage au dimanche Misericordias Domini, 2e après Pâques, on peut spécialiser ce Psaume et le diviser en 2 parties en deux parties :
a. les strophes 1 à 7, pour l’enterrement : Dieu, le berger, conduit à travers la vallée
obscure de la mort.
b. les strophes 8 à12, pour la Sainte Cène : Dieu dresse une table devant moi
La mélodie
La « Praxis pietatis melica », de 1653, donne pour mélodie : « Nun lasst uns Gott dem Herren », une mélodie que Selnecker avait reprise du chant des Psaumes grégoriens, et que Crüger avait rendue plus mélodieuse pour l’adapter au chant d’assemblée luthérien. Cette mélodie a connu un grand succès, et Gerhardt avec son ami Crüger l’ont employée plusieurs fois. Il faut la chanter sur un rythme léger et allant, sinon elle devient lourde et traînante. Il faut surtout transformer la blanche en début de ligne en une croche, pour former une anacrouse, qui donne plus de vie au chant.
1 Le lecteur peut le constater en se reportant aux 4 autres Psaumes de Gerhardt dans ce livre : Ps. 1 = N° 22 ; Ps. 103 = N° 20 ; Ps. 139 = N°38 ; Ps. 146 = N° 34.









