LA RESISTANCE AU NAZISME , Bertold Brecht
A10. O ALLEMAGNE, PÂLE MÈRE
O Deutschland, bleich eMutter
Bertold Brecht
Mélodie : O Deutschland, bleiche Mutter
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Que d’autres parlent de leur honte, Je parle de la mienne.
1. Ô Allemagne, mère pâle, Que tu es éclaboussée Parmi les peuples Parmi les lépreuses on te voit ! 2. De tes fils le plus pauvre A été abattu. Quabd il a ey très faim Tes autres fils Ont levé la main sur lui. Cela ft un scandale.
3. Avec la main ainsi levée, Levée contre leur frère, Ils tournent maintenant autour de toi Et te rient au visage. Cela se sait
4. Dans ta maison est hurlé ce qui est mensonge, Mais la vérité Doit se taire, N’est-ce pas ?
5. Pourquoi te louent partout les oppresseurs, Mais t’accusent les opprimés ? Ceux qu’on exploite Te montrent du doigt, mais Les exploiteurs louent le système Qui fut pensé dans ta maison !
6. Et cependant, tous te voient Cacher le bord de ta robe sanglant Du sang de tous Tes meilleurs fils.
7 A entendre les discours qui sortent de ta maison, on rit, Mais qui te voit saisit son couteau comme à la vue d’une brigande.
8. Ô Allemagne, pâle mère, Comme tes fils t’ont défigurée, Que tu sois assise au milieu des peuples, Sujette de moquerie ou de terreur |
Mögen andere von ihrer Schande sprechen,
1. O Deutschland, bleiche Mutter!
6. Und dabei sehen dich alle
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Texte O Deutschland, bleich Mutter
Bertold Brecht 1933
fr. : Yves Kéler15.122016, Bischwiller
Mélodie O Deutschland, bleich Mutter
Le texte
Ce chant antinazi rappelle la lamentation sur Jérusalem dans le Livre des Lamentations de Jérémie 1/1 : « Eh quoi ! Elle est assise solitaire, cette ville si peuplée ! Elle ressemble à une veuve ! Grande entre les nations, souveraine parmi les états, elle est réduite à la servitude ! Elle pleure durant la nuit, et ses joues sont couvertes de larmes. » Cette lecture sur Jérusalem détruite est celle du Vendredi saint après-midi, après la mort du Christ, et elle décrit la ville morte promise à la destruction pour avoir tué son Sauveur. Brecht connaissait-il cette tradition ? Aucun commentateur ne le dit, mais cela peut être un souvenir de son enfance.
Le chant date de 1933, l’année où Brecht quitta l’Allemagne et décrit sa patrie comme avilie par le national-socialisme. L’incipit du chant a servi de titre à un film de 1979, qui décrit la vie d’un couple aimant déchiré par la guerre. Uns statue de Fritz Cremer porte aussi ce nom, installée dans l’ancien camp de concentration de Mauthausen, en Autriche. Une copie de1965-66 est placée dans le parc de la Cathédrale protestante de Berlin, le Berliner Dom, sur l’Ile des Musées.
Une autre copie se trouve à Magdebourg au cimetière, comme monument des victimes du nazisme.










