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- Camp de Ravensbrück
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LITT KZRav 62 JE CONNAIS LA NOSTALGIE Ravensbrück 1942 tchèque revu 5.2.16 |
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JE CONNAIS LA NOSTALGIE Ich kenne die SehnsuchtVera Hozajova, 1942, tchèque |
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1. Je connais la nostalgie. Elle m’aveugle. Je me traîne Pour franchir les seuils.
2. J’étais assise par terre avec vous, Les genoux enlacés. De loin j’entends notre chant Et je vois lilas la bruyère.
3. La nostalgie des arbres Est plus forte que l’amour. Je vois cinq bouleaux, un fleuve vert, Assise sur la rive, cheveux au vent. 4. La nostalgie est terrible, Car de nouveau fleurit la bruyère. Et le jour d’aujourd’hui Tombe dessus comme une pierre.
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1. Ich kenne die Sehnsucht. Sie macht mich blind. So schleppe ich mich über die Schwellen.
2. Ich sass auf der Erde mit euch, die Knie umschlungen. Von weit hör ich unser Lied Und sehe lila das Heidekraut.
3. Die Sehnsucht nach Bäume ist stärker als Liebe. Fünf Birken sehe ich, einen grünen Fluss. Wir sassen am Ufer, Wind in den Haaren.
4. Die Sehnsucht ist schrecklich, denn wieder blüht jetzt das Heidekraut. Und der heutige Tag Fällt wie ein Stein drauf.
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Texte Touha - Sehnsucht Vera Hozajova 1942 tchèque traduction allemande Wolfgang Fietkau, p. 62 dans Europa im Kampf 1939-1944 Internationale Poesie aus dem Frauen-Konzentrationslager Ravensbruck (Poésie internationale du camp de concentration pour femmes de Ravensbruck) édités par Constanze Jaiser et Jacob David Pampuch Metropol Verlag Berlin, 2005, 2e édition revue 2009 page 62 fr. : Yves Kéler 23.11.2014 Bischwiller
Mélodie ne semble pas avoir été chanté |
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Le texte(Commentaire de l'ouvrage cité,p. 63) Trois mots apparaissent toujours à nouveau dans la poésie internationale des camps et que pas seulement la jeune communiste Vera Hozakova considère comme la source de leur force de survie : Espérance, Amitié et Nostalgie. Chez Vera Hozakova, la nostalgie se nourrissait avant tout du profond sentiment d’accord avec la nature. Dans son poème « Touha » elle pouvait toujours à nouveau puiser du regard de la nature et de ses souvenirs durant son internement. Déjà dans la prison de Pankraz de Prague elle se fortifiait grandement avec « les souvenirs des routes de campagne brûlantes et des allées d’arbres fruitiers, de la senteur des prés et du blé mûrissant, de l’herbe rafraîchissante du bord des bois où j’entendais les grillons, des nuages au dessus de moi, de la plaine, qui bourdonnait au soleil de juillet et embaumait, des montagnes bleu sombre à l’horizon que je gravissais, du vent dans les cheveux, des forêts, qui dans l’odeur enivrante de la résine faisaient fête et qui étaient mon grand amour, de leur mousse rafraîchissante qui caressait les pieds fatigués, du fleuve, dans les vagues vertes duquel je me sentais si légère, du village , qui reposait si calmement dans la chaleur de midi. Encore ne savais-je pas combien terriblement la nostalgie de tout cela fait souffrir, la nostalgie du ciel libre et vaste au- dessus de nous. » (op. cit. Page 63)
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