« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
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*1939 - † 2018

 LITT KZRavensbrück 126 NOUS VOICI, LES NORVEGIENNES Hier stehen wir Norwegerinnen

 

 

NOUS VOICI, LES NORVEGIENNES

Hier stehen wir Norwegerinnen

 

Heiligabend in Ravensbrück

Soir de Noël à Ravensbrück (Extrait)

Sylvia Salvesen

1944

norvégien

 

 

 

 

Nous voici, les Norvégiennes, sous le libre ciel de Dieu.

Un groupe de camarades dans le tumulte du lieu.

Nous venons de la cour de l’industrie, bloc 24, 13 et 3,

Baraques avec des poux, de la crasse, des cris et des voix.

Soir de Noël loin de la patrie,

Soir de Noël sans enfants, sans la main du mari,

Soir de Noël dans l’esclavage allemand

En plein dans la barbarie germanique.

Pourtant au-dessus de nous – éternel miracle de Dieu -

Une mer de flammes de pôle à pôle – le soleil descend,

Et vois, un avion, dans ce pays un ennemi -

Sûrement il tourne sa route en cercles, c’est notre ami,

Inscrit des signes et des ronds de lumière blanche,

Ils sont au ciel, comme peints par le doigt de Dieu.

L’espérance qui nous brûle s’enflamme,

Chaque jour nos pensées vont vers le Nord.

Maintenant monte, surhumaine et forte, la nostalgie

Des montagnes, des crêtes de notre pays.

Silence ! Nous lisons la parole de Dieu

Et sentons toutes que Christ nous garde.

Une impression traverse nos cœurs,

Que la paix doit bientôt venir.

Une vraie et réelle paix,

Où les hommes ne serviront plus des dieux étrangers,

Alors les cloches sonneront à Sa gloire :

Nous le savons, aujourd’hui c’est Noël sur la terre.

(…)

 

Traduction allemande du texte norvégien

 

Hier stehen wir Norwegerinnen unter Gottes freiem Himmel.
Eine Schar von Kameraden in des Lagers Getümmel.

Wir kommen vom Industriehof, Block 24, 13 und 3

Baracken mit Läusen, Schmutz und Geschrei.
Weihnachtsabend fern vom Vaterland

Weihnachtsabend ohne Kinder, ohne des Gatten Hand
Weihnachtsabend in deutscher Sklaverei

inmitten germanischer Barbarei.

Doch über uns - Gottes ewiges Wunder-

ein Flammenmeer von Pol zu Pol- die Sonne geht unter,
und sieh, ein Flieger, in diesem Land ein Feind-

sicher umkreist er seine Bahn, es ist unser Freund,
schreibt Zeichen und Zirkel mit weißem Schimmer,

sie stehen am Himmel, wie gemalt mit Gottes Finger.
Hoffnung, die in uns brennt, flammt auf,

täglich nehmen die Gedanken ja nordwärts ihren Lauf.
Doch nun wird die Sehnsucht übermenschlich stark
nach der Heimat, unserer Berge leuchtendem Grat.-
Stille -, wir lesen Gottes Wort

und fühlen alle, Christus ist unser Hort.
Ein Ahnen geht durch unsere Brust,
dass sein Friede bald kommen muss.
Ein wahrer wirklicher Frieden,

wo Menschen nicht mehr fremden Göttern dienen,
dann klingen alle Glocken ihm zu Ehren-

Wir wissen, heut' ist Weihnachten auf Erden.

[ ... [

         Texte        Hier stehen wir Norwegerinnen

                          auteur : anonyme, sans date, norvégien

                          traduction de : anonyme, p. 126

 

                      1. dans Europa im Kampf 1939-1944

                          Internationale Poesie aus dem

                          Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p. 126

                          Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur

                          Metropol Verlag 2005 Berlin

 

                      2. dans Europa v boij, 1939-1944

                          contient les textes du 1er livre en langue originale

                          Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin

                          original : , p.

                          fr. : Yves Kéler 14.11.2014 Bischwiller

 

         Mélodie      aucune, semble-t-il

 

Le texte

         Le camp norvégien de Grini (voir poème „Grini“ N° 123) fournissait aux allemands des prisonniers et des travailleurs forcés pour les camps de concentration allemands. 300 Norvégiens et norvégiennes furent internés à Ravensbrück.

         Le poème fut longtemps anonyme. Dans une publication norvégienne, Analise Urbie, prisonnière à Grini et Ravensbrück, est indiquée comme auteur (Ce qui est une erreur : Analise Urbie est l’auteur du chant « Grini », qui fut amené à Ravensbrück et chanté là-bas.)  Le poème est de Silvia Salvesen. Dans cette publication, le texte est appelé « Grinisang – Chant de Grini », ce qui indique qu’il était chanté. Les femmes norvégiennes de Ravensbrück ne connaissaient pas ce chant pour Noël, et le refusèrent, parce qu’il ne s’agit pas de Ravensbrück, et parce qu’il ne leur paraissait pas représentatif d’elles.     

         Le chant a une histoire étonnante. Son auteur, Silvia Salvesen, travaillait comme infirmière au Revier. Elle réussit à prendre contact avec la croix rouge suédoise. Une infirmière SS fut d’accord pour faire sortir des lettres et ce poème. Les lettres contenaient de vastes informations sur la situation des norvégiennes, et sur les conditions de détention et de travail dans le camp : « Cinq cent prisonnières sur mille  se tiennent chaque jour dans les couloirs du Revier, nues, comme de la viande d’abattoir, qui sont présentés à la consultation et ensuite réparties en 5 catégories. De là se déduit leur lieu de travail : fabrique ou travail agricole, entre autres creusement de tranchées. Les plus âgées vont dans un camp séparé, l’ancien camp de détention des jeunes Uckermark, qui ne se laisse pas décrire avec des mots ordinaires. Là elles meurent en très peu de temps, et quand cela ne va pas assez vite, on les dégage tout simplement du chemin. »

         Silvia Salvesen parle de 40 à 60 morts par jour et qu’à cette époque, un Block prévu pour 400 détenues abritaient de 1200 à 1500 femmes. Le poème est une description des conditions, elle le considère avec ses lettres, avec la question : En sortirai-je vivante ? , comme un testament. (d’après op. cit. p. 127)

 

 

 



 

 

 

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