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- Camp de Ravensbrück
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LITT KZRavensbrück 043 ON DIT QUE LE PRINTEMPS SERAIT VENU Man sagt, der Frühling sei gekommen
Ravensbrück |
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ON DIT QUE LE PRINTEMPS SERAIT VENU Man sagt, der Frühling sei gekommen Frühling im Ghetto - Printemps au ghetto anonyme 1943 Polonais |
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1. On dit que le printemps serait venu. La pluie qui bruisse en un orage, Les oiseaux sautillant par ci, par là. A travers les murs épais Et les cordes des gibets, Je ne te vois pas, printemps, Quoique proche tu sois pourtant.
2. Tu nous enlèves l’écœurement, Sans faire de différence. Où que tu regardes, Derrière les grilles du ghetto, Tu jaunis les lattes. Entre les murs, les cours puantes Deviennent encore plus sombres. Et pourtant les enfants jouent, Enfants du ghetto, Tu leur envoies ton soleil.
3. Ils ont l’air malade, exsangues, malheureux, Dans leurs visages brillent Des yeux tristes et noirs. La tombe du père n’est pas encor couverte d’herbe, La soeur écrit des lettres effrayantes depuis le camp, Le frère, qui a reçu le billet, n’a pas donné signe. La mère a la fièvre et des tremblements du travail. A la maison, pas de pain, de pommes de terre. Mais il faut pourtant manger, Chaque jour manger quelque chose.
4. Au front tombent de jeunes soldats, Comme on dit pour le Führer et la patrie. Et ici deuil, gibet, cadavres.
5. O Dieu, si tu existes, - SOS.
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1. Man sagt, der Frühling sei gekommen. Der Regen rauscht in einem Gewitter, Dann hüpfen Vögel herum. Durch dicke Mauern aber Und Galgenstricke Sehe ich dich nicht, du Frühling. Obwohl du doch nah bist.
2. Du nimmst uns de Ekel immerhin, Machst keine Unterschiede Wohin du blickst. Hinter den Ghettogittern Machst du die Latten gelb. In den Mauern werden Die stinkende Höfe noch dunkler. Und doch spielen hier Kinder Kinder im Ghetto. Ihnen schickst du deine Sonne.
3. Krank sehen sie aus, blutleer, elend. In ihren Gesichtern leuchten Traurig schwarze Augen. Das Grab des Vaters ist noch nicht mit Gras bewachsen. Die Schwester schickt schrecklichen Briefe aus dem Lager Der Bruder, der den Zettel bekam, hat sich noch nicht gemeldet. Die Mutter hat Fieber und Schüttelfrost von der Arbeit. Zuhause fehlen Brot und Kartoffeln.
Aber man muss doch essen, Jeden Tag etwas essen.
4. An der Front fallen junge Soldaten, Wie es heisst für Führer und Vaterland. Und hier Trauer, Galgen, Leichen.
5. O Gott, wenn es dich gibt – SOS.
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Texte Man sagt, der Frühling sei gekommen Polonais anonyme 1943 traduction allemande Wolfgang Fietkau, p. 43 dans Europa im Kampf 1939-1944 Internationale Poesie aus dem Frauen-Konzentrationslager Ravensbruck (Poésie internationale du camp de concentration pour femmes de Ravensbruck) édités par Constanze Jaiser et Jacob David Pampuch Metropol Verlag Berlin, 2005, 2e édition revue 2009 page 43 fr. : Yves Kéler 15.11.2014 Bischwiller
Mélodie : ne semble pas avoir été chanté
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Le texteLe poème est d’une polonaise, que les nazis déportèrent d’un ghetto à Auschwitz-Birkenau, et assassinèrent là dans la chambre à gaz. Il est possible que ce soit le ghetto de Varsovie, duquel les troupes allemandes déportèrent les gens dans les camps d’extermination en avril/mai 1943. Le nombre des internés dans le ghetto de Varsovie sur des années monte à un demi-million d’humains. Seuls quelques faibles milliers ont survécu. Le poème fut transmis à Vlasta Kladivova par Halina Lepinska, que la première connaissait de son temps d’internement à Auschwitz et qu’elle rencontra par hasard à nouveau à Ravensbrück. Le billet, sur lequel le poème était noté, aurait été trouvé dans un manteau par une jeune fille juive qui travaillait dans le local de l’habillement ( à Auschwitz). Ce dernier testament d’une personne que les nazis tuèrent dans les chambres à gaz, selon Vlasta Kladivova, lui aurait été présenté, encore à Auschwitz, une semaine avant son transfert à Ravensbrück, et l’aurait fortement ébralée. La trouvaille du poème fut le point de départ du rassemblement de l’anthologie poétique « Europa im Kampf – L’Europe dans le combat. » Son signal SOS fut repris par les découvreuses. (Citation de « Europa im Krieg », op. Cit. Page 44) Remarque de Yves Kéler : il ne ressort pas de ce texte si le poème a été écrit au ghetto, ou au camp après la déportation. Je pencherai pour la 1ère solution : on imagine très bien que l’auteur, qui avait tout perdu, a gardé ce poème comme dernière chose lui appartenant, et l’a caché dans son manteau. ,
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