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- Camp de Ravensbrück
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LITT KZRavensbrück 118 NOUS NOUS RENCONTRAMES, FATIGUEES, DANS CE PAYS Wir trafen müde in diesem Land
NOUS NOUS RENCONTRAMES FATIGUES DANS CE PAYS Wir trafen müde in diesem Land
Anonyme communiste tchèque
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1. Nous nous rencontrâmes, fatiguées, dans ce pays
De la barbarie que des hommes infligent à des hommes.
Nous portions toutes les terreurs et ne croyions rien.
Mais dans la tête couvait un feu.
2. Pourquoi donc des mots que nous ne comprenons pas.
Je sais donc que nous vivons des feux,
Des signaux sur la montagne au loin.
Les flammes ont déjà atteint ma patrie
Et rouge brûle le Balkan.
3. Haut dans les montagnes le feu.
Tu connais la mélodie, pourquoi donc des paroles ?
Bientôt vient le temps avec un feu pur.
Tends-moi la main, je sais, tu connais la mélodie.
1. Wir trafen müde uns in diesem Land
der Barbarei, die Menschen über Menschen bringen.
Wir trugen alle Schrecken und glaubten nichts.
Im Kopf aber, da loderte ein Feuer.
2. Wozu denn Worte, die wir nicht versteh'n.
Ich weiß doch, dass wir von den Feuern leben,
den Bergsignalen in der Ferne.
Die Flammen haben meine Heimat schon erreicht
und rot brennt der Balkan.
3.Hoch in den Bergen das Feuer.
Du kennst die Melodie, wozu denn Worte ?
Bald kommt die Zeit mit reinem Feuer.
Reich mir die Hand, ich weiß, du kennst die Melodie.
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Texte Wir trafen müde uns in diesem Land auteur : anonyme, 1942, tchèque traduction allemande de, p. 118
1. dans Europa im Kampf 1939-1944 Internationale Poesie aus dem Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p. 118 Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur Metropol Verlag 2005 Berlin
2. dans Europa v boij, 1939-1944 contient les textes du 1er livre en langue originale Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin original : Potkalijsmese v cizi smutne zemi, p. 69 fr. : Yves Kéler 11.9.2015Bischwiller
Mélodie : pas indiquée
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Le texte Ce poème fait allusion aux amitiés profondes qui se créaient dans les camps : Tends-moi la main, tu connais la mélodie. » Ces amitiés permettaient une forte solidarité et augmentaient les chances de survie. Les nazis le savaient et ils tentaient de rompre ces relations en déplaçant les prisonniers. « Tu connais la mélodie. » Un cas similaire d’une amitié née de la connaissance d’une mélodie est relaté pour l’allemande Margarete Buber-Neumann et la tchèque Milena Jesenska. Toutes deux communistes, elles avaient rompu avec le parti à cause de leur expérience et de l’évolution de celui-ci sous Staline. De ce fait, elles étaient mal vues des communistes dans le camp. « Presque toutes les communistes du camp s’accrochaient non seulement à l’espoir d’une victoire russe, mais comme auparavant à la croyance qu’une révolution amènerait la chute de la dictature de Hitler.Ils pensaient que l’influence communiste grandissait de mois en mois en Allemagne. » Par contre, Margarete Buber-Neumann avait plusieurs années de camp soviétique derrière elle, arrêtée par son propre parti. Milena Jesenska, journaliste à Prague, à cause de sa volonté de préserver la liberté, entra en conflit avec le parti. Leur amitié leur permit de résister. Elles s’étaient promis de raconter leur expérience des camps après la guerre dans un livre commun. Seule Margarete put faire aboutir ce projet, Milena étant morte le 17 mai 1944, 9 jours après la fin de la guerre, des suites de sa détention dans les KZ. |
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