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- Camp de Ravensbrück
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LITT KZRavensbrück 096 NOUS ETIONS A CINQ Wir waren zu fünft
NOUS ETIONS A CINQ Wir waren zu fünft
Vera Hozakova tchèque |
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1. Nous étions à cinq. J’étais le plus jeune à table. Bientôt la disette s’installa chez nous. Ma place auprès de la mère était tout pour moi, Et dans les nuits noires, quand elle partait, J’agrippais le coin de l’oreiller. Ainsi je me mentais à moi-même.
2. Alors je partis, Mon retour fondait comme la neige, Plus de sein chaud, maintenant le vent soufflait fort. Alors nous combattions. C’était de dures batailles, Mon retour fondait comme la neige.
3. La mort enleva la coupe de mon père de la table, Avec cette parole à boire s’arrêta le pendule du temps En moi c’était calme, seul le cœur me tirait vers la maison. J’entrai en silence, je m’assis à ma place, Près de ma mère, il y avait juste un espace.
4. Et je rentrais plus souvent. Par nuit calme, alors que les étoiles se tenaient au-dessus du train, Je me retrouvais. Un clair sourire passait sur mon visage, Et nous dressions notre table. Je me sentais bien, la tête dans son sein Légère comme avec un bon vin, Quand nous buvions de nos coupes.
5. Je devais me lever et partir. Quand reviendrai-je ? La volonté ne suffit pas ici. Je reviendrais tout de suite, Sachant que tu attends à notre table Croyant que nous boirions ensemble de nos coupes. Et si tu dois vider le tien toute seule,
Je crois que tu pousserais le mien sans amertume, Sans larmes et sans crêpe noir, Juste une coupe brillante vide.
Que cela devait être ainsi, tu le comprends, mèr |
Wir waren zu fünft. Ich war der jüngste am Tisch. bald gesellte sich die Not zu uns. Mein Platz bei der Mutter war mir alles,
und in den dunklen Nächten, wenn sie fortging, urnklarnrnerte ich den Zipfel des Kissens. So belog ich mich selbst.
2. Dann lief ich fort, meine Heimkehr schmolz stets wie Schnee, kein warmer Schoß mehr, jetzt wehte scharf der Wind. So kämpften wir dann. Es waren harte Gefechte, meine Heimkehr schmolz stets wie Schnee. vom Tisch, mit diesem Trinkspruch stand still das Pendel der Zeit, Ruhe war in mir, nur das Herz zog es nach Haus. Still trat ich ein, setzte mich auf meinen Platz bei der Mutter, damit nur eine Lücke blieb.
In klaren Nächten, als über dem Zug die Sterne standen, fand ich zu mir selbst. Ein helles Lächeln huschte mir über das Gesicht, und wir deckten unseren Tisch. Ich fühlte mich wohl, den Kopf in deinem Schoß, leicht wie bei gutem Wein, als wir gemeinsam aus unseren Kelchen tranken.
5. Ich musste aufstehen und fortgehen. Wann kehre ich zurück? Das Wollen reicht hier allein nicht aus. Ich käme sofort, weiß, dass du an unserem Tisch wartest, glaube, dass wir gemeinsam aus unseren Kelchen trinken werden. Und wenn du deinen Kelch leeren musst allein, glaube ich, dass du den meinen fortstellst ohne Bitterkeit, ohne Tränen und ohne schwarzen Flor, nur einen blanken, leeren Kelch.
Dass es so sein musste, verstehst du doch, Mutter.
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Texte Wir waren zu fünft auteur : Vera Hozakova, 1942, tchèque traduction allemande de Jan-Peter Abraham, p. 97
1. dans Europa im Kampf 1939-1944 Internationale Poesie aus dem Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p. 97 Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur Metropol Verlag 2005 Berlin
2. dans Europa v boij, 1939-1944 contient les textes du 1er livre en langue originale Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin original : Bylo nas pet, p. 54 fr. : Yves Kéler Bischwiller
Mélodie pas indiquée
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Le texte Ce poème fait partie de toute une série que Vera Hozakova dédia à sa mère. Elle a dû détruire à cause d’une razzia des SS le petit livre de poèmes qu’elle avait fait pour sa mère. Elle emploie ici, comme dans d’autres poèmes, le masculin quand elle parle d’elle, et expliqua que cela donnait une meilleure forme de vers, sonnant mieux. Vera ressent la séparation d’avec sa mère comme très éprouvante. Elle observe la douleur des femmes autour d’elle d’être privées de leurs enfants, et tente de comprendre sa mère. (d’après op. cit. p. 99) A la strophe 3, l'auteur dit : « meinen Platz bei der MUtter - Ma place près de la mère. » En fait, il faut traduire « près de ma mère», car en allemand on parle de son père et sa mère avec l'article, et non avec l'adjectif possessif. C'est une construction ancienne où le possessif s'exprimait par l'article, en même temps qu'une marque de respect et de distance avec les parents. Cette manière remonte à l'époque où le pater familias avait droit sur ses enfants, même de mort. La relation restait donc en partie distante et respectueuse, malgré l'affection parentale et filiale.
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