- Détails
- Camp de Ravensbrück
|
Ravensbrück (tchèque)
|
|
||
|
|
LA NUIT CLAIRE D’ETOILES Die Nacht war sternenhell Prichod - L'arrivée Vera Hozakova 1942 tchèque |
|
|
|
La nuit claire d’étoiles, Le cœur brûlant encor, La nuit claire d’étoiles Sur la terre brillait. La tête se penchait derrière les barbelés, Blessée d’amour inaccompli.
J’ai attendu longtemps sur la paille sale. Vers le matin un sommeil sans rêves me prit. Comme un cauchemar fut le réveil : La sirène m’a tirée du sommeil. J’ai vu le coin humide de la baraque, Je tremblais de tristesse et de froid, Et je cherchais un humain. Parmi tous ces êtres il n’y en avait aucun. L’amour était en ce matin Chez ces femmes alentour comme éteint Comme s’il avait disparu.
J’étais profondément triste. Mais maintenant c’est passé. Car un tremblement étonnant me traversa, Et tout fut différent. Des mains saisissaient maintenant des mains, De femme à femme et toujours plus loin.
J’étais profondément triste, Mais maintenant c’est passé.
|
Die Nacht war sternenhell, Da brannte das Herz noch, Die Nacht war sternenhell Und leuchtete über die Erde. Hinter dem Stacheldraht neigte sich der Kopf, Wund von unerfüllter Liebe?
Lange wachte ich auf dem schmutzigen Stroh Gegen Morgen erwischte mich der Schlaf traumlos. Wie ein Albtraum aber das Erwachen: Die Sirene riss mich aus dem Schlaf. Zuerst sah ich die feuchte Ecke der Baracke. Ich bibberte vor Frost und Trauer Und blinzelte nach einem Menschen: Da war unter der Vielen kein Wesen. An diesem Morgen war die Liebe Bei allen Frauen rings wie abgestorben, Als wäre sie für immer fort.
Tief traurig war ich. Aber das ist jetzt vorbei. Denn mich durchfuhr ein seltsames Zittern Und alles war anders. Hände ergriffen nun Hände Von Frau zu Frau und immer weiter.
Tief traurig war ich. Aber das ist jetzt vorbei. |
|
Texte Prichod- Die Ankunft Vera Hosakova, techechisch- tchèque, 1942 traduction allemande Wolfgang Fietkau dans Europa im Kampf 1939-1944 Internationale Poesie aus dem Frauen-Konzentrationslager Ravensbruck (Poésie internationale du camp de concentration pour femmes de Ravensbruck) édités par Constanze Jaiser et Jacob David Pampuch
Metropol Verlag Berlin, 2005, 2e édition revue 2009 page 29 fr. : Yves Kéler 8.11.2014
Mélodie ne semble pas avoir été chanté
|
Le texteL’entrée au camp avait un autre sens selon les étapes qui y avaient conduit : camps ou prisons antérieurs, temps de la captivité, origine. Mais toutes les femmes perdaient progressivement leur identité, car on donnait à chacune un numéro et un triangle d’identification de caractère religieux ou politique, lequel avait diverses couleurs. Ces signes devenaient l’identité des femmes. Au bout d’un temps, les femmes avaient du mal à se reconnaître elles-mêmes et entre elles. La prisonnière décrit ici ce sentiment de solitude, qui lentement est relayé par une solidarité entre les femmes, sous la forme de mains tendues. Il se formait ainsi des cercles solidaires qui permettaient d’échapper à cette solitude des détenus voulue par les SS et leur système. (d’après op. cit. , le commentaire au chant, page 30.
|
|









