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LITT KZRav 80 SUR LES TOITS DE PAPIER GOUDRONNE Auf die Pappdächer fallen schwere Regentropfen |
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SUR LE PAPIER GOUDRONNE Auf die Pappdächer
Duben – Avril Vera Hozakova 1942 tchèque |
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Sur les toits de papier goudronné tombent lourdes les gouttes de pluie, L’herbe piétinée par des milliers de pieds est aveugle, Disparu le soleil derrière les nuages noirs. Je sens si proches battre les cœurs des camarades, J’enfile les mois sur une bague, Remuant le printemps dans le sang du monde. Le soir gris se réveille à l’écho des tirs, Les regards se cherchent, plongeant dans le cœur, Et le cœur pleure.
Femme, elles étaient courageuses, Pâles comme un chiffon, Un chiffon noué sous le menton du mort. Dans le vent qui pleure, la mort épie et cherche, Le pouls de milliers de cœurs est la cloche des morts. Elles moururent seules, Juste les pins autour et l’herbe sèche, A laquelle elles donnaient leur sang, elles chantaient. Je ne sais pas pourquoi elles ont vécu, Pourtant leur mort m’a été si proche, Que sa cruauté a étouffé mes sens.
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Auf die Pappdächer fallen schwere Regentropfen, Blind ist das von Tausenden Füssen festgestampfte Gras und verschwunden die Sonne hinter den schwarzen ziehenden Wolken Ich fühle so nah die Herzen der Genossen schlagen fädele die Monate auf einen Ring, unruhig den Frühling im Blut der ganzen Welt. Der graue Abend erwacht im Echo der Schüsse, Blicke suchen sich, schauen bis ins Herz und das Herz weint.
Frau, Sie waren mutig, blass wie ein Tuch, ein Tuch, dem Toren unters Kinn gebunden. Im heulenden Wind späht der Tod und sucht,
der Schlag tausender Herzen ist das Grabgeläut. Sie starben allein, nur die Kiefern herum und das trockene Gras, dem sie Ihr Blut gaben, sangen. Ich weiss nicht, wofür Sie gelebt haben, jedoch ging mir Ihr Tod so nahe, dass seine Grausamkeit meine Sinne betäubte.
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Texte suivi du poème
Sur les toits de papier goudronné tombent lourdes les gouttes de pluie,
L’herbe piétinée par des milliers de pieds est aveugle,
Disparu le soleil derrière les nuages noirs.
Je sens si proches battre les cœurs des camarades,
J’enfile les mois sur une bague,
Remuant le printemps dans le sang du monde.
Le soir gris se réveille à l’écho des tirs,
Les regards se cherchent, plongeant dans le cœur,
Et le cœur pleure.
Femme, elles étaient courageuses,
Pâles comme un chiffon,
Un chiffon noué sous le menton du mort.
Dans le vent qui pleure, la mort épie et cherche,
Le pouls de milliers de cœurs est la cloche des morts.
Elles moururent seules,
Juste les pins autour et l’herbe sèche,
A laquelle elles donnaient leur sang, elles chantaient.
Je ne sais pas pourquoi elles ont vécu,
Pourtant leur mort m’a été si proche,
Que sa cruauté a étouffé mes sens.
Texte original de la traduction allemande
Auf die Pappdächer fallen schwere Regentropfen,
Blind ist das von Tausenden Füssen festgestampfte Gras
und verschwunden die Sonne hinter den schwarzen ziehenden Wolken
Ich fühle so nah die Herzen der Genossen schlagen
fädele die Monate auf einen Ring,
unruhig den Frühling im Blut der ganzen Welt.
Der graue Abend erwacht im Echo der Schüsse,
Blicke suchen sich, schauen bis ins Herz
und das Herz weint.
Frau, Sie waren mutig,
blass wie ein Tuch,
ein Tuch, dem Toren unters Kinn gebunden.
Im heulenden Wind späht der Tod und sucht,
der Schlag tausender Herzen ist das Grabgeläut.
Sie starben allein,
nur die Kiefern herum und das trockene Gras,
dem sie Ihr Blut gaben, sangen.
Ich weiss nicht, wofür Sie gelebt haben,
jedoch ging mir Ihr Tod so nahe,
dass seine Grausamkeit meine Sinne betäubte.
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Texte Auf die Pappdächer fallen schwere Regenstopfen auteur : Vera Hozakova 1942 tchèque traduction de Jan-Peter Abraham p. 80
1. dans Europa im Kampf 1939-1944 Internationale Poesie aus dem Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p. 80 Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur Metropol Verlag 2005 Berlin
2. dans Europa v boij, 1939-1944 contient les textes du 1er livre en langue originale Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin original : Duben, tchèque, p. 80 fr. : Yves Kéler 1.11.2014 Bischwiller
Mélodie pas d'indication
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Le texteCe poème évoque les appels du soir sur l’herbe morte du piétinement, en avant des baraques sur lesquelles la pluie fait son bruit. C’est le printemps, mais les tirs des fusillades de détenues s’entendent dans le silence, comme un écho. Ces exécutions arbitraires étaient fréquentes à Ravensbrück et marquaient terriblement les détenues : « Das Herz weint – Le cœur pleure. » L’auteur compatit à la mort de ses camarades. Celles-ci sont peut-être communistes, le mot « Genossin – Camarade » les désignant. Elle ne les connaît pas, mais ce sont des sœurs de souffrance. (d’après op. cit. p.81 )
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