« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
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*1939 - † 2018

 

LITT KZRavensbrück 71 DERNIERS INSTANTS Letzte Augenblicke

 

 

 

 

 

DERNIERS INSTANTS

Letzte Augenblicke

 Huit chants des derniers instants d’une condamnée à mort

Zofia Gorska,1942,polonais

 

       

 

 a 1. Premier instant – Erster Augenblick

 

1. Ne me prenez pas par les mains, ne me

             regardez pas dans les yeux,

    Ne me trouvez pas de consolation et ne me                          

             dites pas de croire.

    Sur moi repose une ombre terrible, un

             mauvais cercle me tient.

    Je vais devoir porter cela.

    Seule, comme je sais.

 

2. Je suis seule. Nul ne m’aide par des mots.

    Seule je porte l’horrible attente.

    Et avant que l’heure vienne de me tuer,

    Je vais seule vers elle.

   

3. Adieu, et partez…Laissez-moi seule.

    Senté-je des larmes, je ne pleure pas, non.

    Déjà attend,

    Déjà m’appelle, portes ouvertes,

    Le jardin.

 

 

 

b 2. Instant de révolte – Augenblick der

                                        Aufruhr

 

1 Combien difficile à comprendre : voilà

            donc déjà la fin ?

    Les pensées et les mains me tombaient.

    Je suis debout et je sens mon cœur – il se

            brise, il brûle,

    Comme une bête qui court follement.

   

2. Une agitation me saisit, agitée je pense.

    Un courant me saisit. Je ne veux pas.

    Voilà donc déjà la fin ? Je ne peux pas

             mourir,

    J’ai peur ! Je ne veux pas mourir.


3. Je ne comprends rien, je ne peux pas, je ne

             peux pas.

    Mes pensées s’affaissent en révolte.

    Je suis debout et je sens mon cœur – il

             sonne l’alarme,

    Comme un marin sur un bateau qui

             sombre.

   

 

c 3. Instant de la peur - Augenblick der

                                      Angst –

 

1. Non, cela ne peut être.

    Ah ! se cacher, avoir un refuge,

    Ah ! creuser dans la terre une fosse,

    Comme un insecte se pousser dans le mur,

    Dans une fente, près du barbelé.

    Ouvrez-vous pour moi, murs !

    Non, cela ne peut être.

    Soulevez-vous pour moi, gonds !

    Puissent les eaux me cacher,

    Puissent des forêts bruisser pour moi !

    Ma tête n’a pas de cachette,

    Mes mains n’ont pas d’abri.

 

2. Je me blesse à des pierres

    Dans mon tourment sans mesure.

    Je me cogne à la cellule étroite

    Comme un oiseau malade des ailes.

 

3. Ouvrez-vous pour moi, murs,

    Elevez-vous pour moi, grilles !

   

 

d 4. Instant de rébellion - Augenblick der

             Auflehnung –

 

1. Comment est-ce possible, Comment cela                

             se peut-il faire ?

    Comment peux-tu, grand Dieu, permettre                 

             cela ?

    Le ciel regarde à travers les grilles. Ou

             sont-ce tes yeux ?

    Je tremble, j’ai peur – peux-tu me voir                     

             ainsi ?

 

2. Tes yeux sont froids, le ciel est de craie.

    Les nuages glissent, aucun éclair n’en

             descend.

    Comment permets-tu cela ? comment

             peux-tu l’autoriser ?

    Si c’est toi, Dieu : pourquoi me laisses-tu

             souffrir ?

    Si c’est toi, Dieu, je détourne mon cœur.

    Je ne veux pas plus longtemps de ton ciel,

             Ni de ta grâce,

    Si tu vois tout cela et n’aides pas.

    Combien cruel tu es, toi qui peux tout.

 

 

e 5. Instant de désespoir - Augenblick der

                                             Verzagtheit  

 

1. Je suis si fatiguée. J’arrête d’appeler  

    Je meurs sans voix. Personne n’entend ma

             voix.

    Les murs tiennent, ils ne s’ouvrent pas

    Dieu non plus ne m’entend pas dans le ciel.

   

2. Je suis si fatiguée, Je suis transie.

    Est-ce que la terre est froide quand on tombe dessus ?

    Et le cœur : est-ce qu’il sait ou sent 

    Quand il reçoit exactement le coup ?

 

3. Et les yeux : voient-ils quelque chose ? Un

             autre monde, ou aucun ?

    Quand les paupières sans force ferment le

             ciel.

    Et les lèvres, les souffrantes, pâles :

             murmurent-elles, 

    Quand paralysées de douleur elles se figent 

             pour toujours ?

 

4. Je regarde mes mains, aux doigts tendus.

    Je touche mon visage figé.

    Je suis si fatiguée. Et le cœur serré,

    Je prends congé de mon corps.

 

 

f 6. Instant de deuil - Augenblick der

                                   Trauer –

 

1. Pur deuil de mes bras,

    Pur deuil de mes yeux,

    Ils ne te verront plus,

    Ils ne t’enlaceront plus.

 

2. Tu soupires après moi,

    Tu m’attends tellement,

    Sais-tu seulement que je meurs ?

    Sens-tu cela du lointain ?

 

3. Un tel deuil de mes yeux,

    Un tel deuil de mes mains !

    Si du moins ces arbres

    Bruissait-il un chant à mes tempes !

 

4. Si du moins ce ciel,

    Le pâle ciel d’automne,

    Voyait scandalisé

    Ma souffrance, ma chute.

 

5. Si du moins cette terre,

    Cette plate-bande animée,

    Recevait et entourait

    le corps crucifié.

   

 

g 7. Instant de nostalgie – Augenblick des

                                         Heimwehs

   

1. Là-bas, c’est maintenant l’automne. Il ne

             brûle plus pour moi,

    Pas pour moi, il s’éteint en fête sans moi.

    Juste fermer les yeux, déjà à portée de main,

    Les étoiles tombantes…le feuillage  

             tombant.

 

2. Juste fermer les yeux, déjà à portée de main

    L’automne, l’automne insaisissable :

    Les pavots, tard sur des tiges gris doré

    Et des bouleaux, qui brillent comme des

             flambeaux sur les clairières.

 

3. Et la maison, au milieu du calme et

             sommeillant automne,

    Si souvent rêvée la nuit…la maison dans

             laquelle je ne reviendrai plus jamais,

    Les chemins, que mes pieds ne fouleront

             plus jamais,

    Et les fleurs, que je ne cueillerai plus

    De mes mains.

 

 

h 8. Instant d’ici et maintenant – Augenblick

                                            des Hier und Jetzt

 

1. O Dieu, maintenant que je suis revenue à

             moi,

    Ici seulement, je t’ai trouvé. Que je me sens

             légère.

    Tu es si proche de moi, ô Dieu retrouvé,

    Toi qui sais comment on souffre et meurt.

 

2. Ici seulement je te vois : tu m’es venu sur le

             chemin,

    Ici, en toi, bruissent les forêts, reposent les

             huttes.

    J’avais perdu mes moyens, maintenant je

             peux tout.

    Tu m’es venu sur le chemin, je t’ai reçu, une

             dernière Cène.

 

3. Maintenant je m’agenouille, je me perds en

             adoration.

    Ta volonté se fasse, tu sais ce qui est le

             mieux,

    Toi qui donnes la vie, toi qui me donnes

             maintenant la vie,

    Tes bras m’enlacent, tes bras me  

             soutiennent.

 

 

i 9. Instant de triomphe – Augenblick des  

                                                  Triumphes

 

1. Tes bras me soutiennent, et de penser à elle

             me soutient :

    A elle, celle qui n’est pas encore tombée,

             car je tombe pour elle.

    Mettez une croix sur ma poitrine, dans la

             main un drapeau,

    Pour que je puisse le tenir haut et pour

             qu’en marchant je le déroule !

 

2. Que je suis immense, un fanal géant et clair.

    Je porte l’amour dans mes bras, ma tête

             atteint le ciel.

    Regardez, générations, regardez à moi, vous

             descendants,

    Comment je vais dans ma mort blanc-

             amarante.*

 3. Voici mon cœur ! Qui aime plus ?

    Je ne peux que mourir ! Il faut vous mettre

             au travail !

    J’attends calme que la mort me baise.

    Mais pas toi !

    Les branches du romarin fanent.

      * voir plus bas, dans "Le texte."

 

 

Traduction allemande du texte polonais


Texte     Fasst mich nicht an die Hände                                            

              Chwile ostanie (polonais) - Letzten Augenblicke

              Reihe von 8 Gedichten 

auteur :  1942 Zofia Gorska                                           polnisch

traduction allde de Gabriele Kammerer

 

        a. Fasst mich nicht an den Händen                                      1.12.2014

        b. Wie schwer zu versteh                                                    

        c. Nein, es kann nicht sein                                                   

        d. Wie ist das möglich                                                         2.12.2014

        e. Ich bin so müde                                                               

        f. Blosse Trauer meinen Armen                                          

        g. Dort ist es jetzt Herbst                                                     

        h. O Gott, erst jetzt                                                             

        i. Deine Arme stützen mich                                                 1.12.2014

a.   Chwila pierwsza - pozegnanie - Erster Augenblick - Abschied

Fasst mich nicht an den Händen, schaut mir nicht in die Augen,
S
ucht mir keinen Trost und heißt mich nicht glauben.
A
uf mir liegt ein schlimmer Schatten, es hält mich ein böser Kreis.
I
ch werde es tragen müssen.
All
eine, wie ich weiß.

Jch bin allein. Niemand hilft mir mit Worten.
A
llein trage ich das grausame Warten.

Und eh die Stunde kommt, mich zu töten,
G
ehe ich ihr allein entgegen.

 

Lebt wohl und geht ... Lasst mich allein.
Spür ich auch Tränen, ich weine nicht, nein.
Schon wartet,
Schon ruft mich mit offenen Toren
Der Garten.

 

b.  Chwila zarnetu - Augenblick der Aufruhr

 

Wie schwer zu verstehn: Das also ist schon das Ende?

Mir sanken Gedanken und Hände,

Ich stehe und spüre mein Herz - es bricht, es brennt

Wie ein Tier wahnsinnig rasend.

 

Es packt mich ein Tosen, ich denke im Tosen,

Es packt mich ein Strom. Ich will nicht.

Das also ist schon das Ende? Ich kann nicht sterben,

Ich habe Angst! Ich will nicht sterben.

 

Ich verstehe nichts, ich kann nicht, ich kann nicht.

Meine Gedanken gehen unter im Aufruhr.

Ich stehe und spüre mein Herz - es schlägt Alarm

Wie ein Seemann auf sinkendem Schiff.

 

c.   Chwila trwogi - Augenblick der Angst

 

Nein, es kann nicht sein.

Ach, sich verstecken, Zuflucht haben,

Ach, in die Erde eine Grube graben,

Wie ein Insekt sich in der Mauer bergen,

in einer Ritze, und arn Stacheldraht.

Tut euch auf für mich, Wände!

Nein, es kann nicht sein.

Schwingt auf für mich, Angeln!

Mögen mich Wasser verhüllen,

Mögen mir Wälder rauschen.

Mein Kopf hat kein Versteck,

Meine Hände keine Zuflucht.

 

Ich verletze mich an Steinen

In meiner unermesslichen Qual.

Ich stoße mich an der engen Zelle

Wie ein flügelwunder Vogel.

 

Tut euch auf für mich, Mauern!

Schwingt auf für mich, Gitter!

 

d.  Chwila bunru - Augenblick der Auflehnung

 

Wie ist das möglich, wie kann das geschehen,

Wie kannst du, grosser Gott, das erlauben?

Der Himmel sieht durchs Gitter. Oder sind's deine Augen?

Ich zittre, ich bange - kannst du mich so sehen?

 

Deine Augen sind kalt, der Himmel ist kreiden.

Es schleichen die Wolken, kein Blitz fährt herab.

Wie lässt du das zu? Wie kannst du's erlauben?

Wenn du es bist, Gott: Warum lässt du mich leiden?

Wenn du es bist, Gott, wende ich mein Herz ab,

Ich will deinen Himmel nicht länger, auch nicht deine Gnade,

Wenn du das alles siehst und nicht hilfst.

Wie grausam du bist - du, der alles vermag.

 

e.    Chwila zwerpienia - Augenblick der Verzagtheit

 

Ich bin so müde. Das Rufen gebe ich auf.

Ich sterbe stimmlos. jemand hört meine Stimme.

Die Mauern stehen, sie gehen nicht auf.

Auch Gott hört mich nicht im Himmel.

 

Ich bin so müde. Ich bin durchkühlt.

Ob die Erde kalt ist, wenn man auf sie fällt?

Und das Herz: Ob es weiß oder fühlt

Wenn es den Stoß exakt erhält?

 

Und die Augen: Sehen sie etwas? Eine andere Welt - oder keine?

Wenn kraftlose Lider den Himmel versperren.

Und die Lippen, die leidvollen, bleichen: Flüstern sie etwas?

Wenn sie verkrampft im Schmerz für immer erstarren.

 

Ich schaue auf meine Hände, auf meine gespannten Finger.

Ich berühre mein erstarrtes Gesicht.

Ich bin so müde. Und mit klammem Herzen

Verabschiede ich mich von meinem Körper.

 

f.  Chwila zalu - Augenblick der Trauer

 

Bloße Trauer meinen Armen,

Bloße Trauer meinen Augen,

Sie sehen dich nicht wieder,

Sie umschlingen dich nicht mehr.

 

Du sehnst dich so nach mir,

Du wartest so auf mich,

Weißt du denn, dass ich sterbe?

Fühlst du das aus der Ferne?

 

Solche Trauer meinen Augen,

Solche Trauer meinen Händen!

Wenn wenigstens jene Bäume

Rauschten ein Lied meinen Schläfen!

 

Wenn wenigstens jener Himmel,

Der blasse Himmel des Herbstes,

Sähe mit Entsetzen

Mein Leiden, meinen Fall.

 

Wenn wenigstens jene Erde,

das geliebte Beet,

aufnähme und umfasste

den gekreuzigten Leib.

 

g.   Chwila tesknory - Augenblick des Heimwehs

 

Dort ist jetzt Herbst! Nicht mehr für mich verglüht er,

Nicht für mich, ohne mich festlich erlischt er.

Nur die Augen schließen, schon sind zum Greifen nahe

Die fallenden Sterne ... fallendes Laub.

 

Nur die Augen schliessen, schon ist so fassbar nahe

Der farbige Herbst, der unfassbare Herbst:

Mohnblumen, spät auf graugoldenen Stoppeln

Und Birken, die wie Fackeln auf Lichtungen glühn.

 

Und das Haus, inmitten des ruhig schlummernden Herbstes,

So oft beträumt des Nachts ... das Haus, in das ich nie wieder komme,

Die Pfade, die meine Füße nie wieder gehen,

Und Blumen, die ich nie mehr pflücke

Mit meinen Händen.

 

h.   Chwila modlitwy - Augenblick des Hier und Jetzt

 

O Gott, erst jetzt, da ich innerlich zurück bin,

Erst hier fand ich dich. Wie leicht ist mir jetzt.

Wie nahe du mir bist, du wieder gefundener Gott,

Der du weißt, wie man leidet und stirbt.

 

Hier erst sehe ich dich: Du kamst mir auf dem Weg entgegen,

Hier, in dir, rauschen die Wälder und ruhen die Hütten.

Ich war so hilflos - jetzt kann ich alles.

Du kamst mir auf dem Weg entgegen - ich nahm dich auf,

ein letztes Mahl.[1]

 

Und jetzt knie ich, ich verliere mich in Verehrung,

Dein Wille geschehe, du weißt, was das Beste ist,

Du, der du Leben gibst - du, der du mir jetzt das Leben gibst,

Deine Arme umfangen, deine Arme stützen mich.

 

i.   Chwila zwyciestwa - Augenblick des Triumphes

 

Deine Arme stützen mich, und es stützt mich der Gedanke an sie:

An sie, die noch nicht gefallen ist, weil ich hier falle für sie.

Gebt mir ein Kreuz auf die Brust, in die Hand eine Fahne,

damit ich es hochheben kann und sie im Gehen entrolle!

 

Wie mächtig ich bin - ein riesiges, helles Fanal.

In den Armen trage ich Liehe, mein Kopf reicht in den Himmel.

Schaut, Generationen, schaut auf mich, ihr Nachkommen,

Wie ich in meinen weiß-roten [2]Tod gehe.

 

Hier mein Herz! Wer liebt mehr?

Ich kann nur sterben! Ihr müsst jetzt ans Werk!

lch warte ruhig, dass der Tod mich küsst.

Aber nicht du!

Die Rosmarinzweige verwelken.

 



[1]  Kein Schreibfehler ("Mal"), es geht um die letzte Kommunion.

2. Im Faksimile "weisss-amarant". Amarant ist ein dunkelroter Farbton. gewonnen

aus einer Gänsefussplanze und möglicherweise früher bekannter, da zur

Einfärbung von Käserinde verwendet. Die Übersetzung "weiss-rot" vereindeutigt

das Bild hin zu einer polnisch-patriotischen Lesart, verloren geht allerdings, dass

a-marant vom Griechischen her "un-verwelklich" bedeutet, das Wort daher mit

den verwelkenden Rosmarinzweigen kontrastiert.

 

 

 

Texte      Fasst mich nicht an die Hände                                            

              Chwile ostanie (polonais) - Letzten Augenblicke

              Reihe von 8 Gedichten 

auteur :  1942 Zofia Gorska                                           polnisch

traduction allde de Gabriele Kammerer

 

        a. Fasst mich nicht an den Händen                                      1.12.2014

        b. Wie schwer zu versteh                                                    

        c. Nein, es kann nicht sein                                                   

        d. Wie ist das möglich                                                         2.12.2014

        e. Ich bin so müde                                                               

        f. Blosse Trauer meinen Armen                                          

        g. Dort ist es jetzt Herbst                                                     

        h. O Gott, erst jetzt                                                             

        i. Deine Arme stützen mich                                                 1.12.2014

 

                      1. dans Europa im Kampf 1939-1944

                          Internationale Poesie aus dem

                          Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p. 71-76

                          Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur

                          Metropol Verlag 2005 Berlin

 

                      2. dans Europa v boij, 1939-1944

                          contient les textes du 1er livre en langue originale

                          Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin

                          original : Chwile ostanie (polonais), p. 71-76

                          fr. : Yves Kéler 1 et 2.12.2014 Bischwiller

 

         Mélodie    n’est pas destiné au chant, semble-t-il                               

 

 

   

Le texte

(d’après le commentaire du livre, op. cit. p. 77)

Dans le camp de Ravensbrück se déroulaient régulièrement des exécutions sommaires tout à fait arbitraires, visant surtout les polonaises. D’après des listes sorties clandestinement du camp, les SS fusillèrent 143 femmes de 18 à 60 ans. En 1942, 90 furent tuées. Personne ne savait s’il vivrait demain.

        L’auteur, Zofia Gorska, tente de se mettre à la place d’une de ces femmes qui attend la mort dans une cellule isolée. Le sentiment de la condamnée évolue de la colère révoltée à l’acceptation de sa mort, en passant par la remise entre les mains de Dieu, d’abord accusé puis aimé. Le poème est d’un type rare, par sa composition en 9 étapes. De plus il intègre un parcours chrétien, caractéristique des femmes polonaises.

        Dans la strophe 9 de l’original, il est écrit „weiss-amarant –blanc-amarante“, c’est-à-dire blanc-rouge, ce qui désigne les couleurs du drapeau polonais depuis 1919. Le drapeau polonais combine le blanc de l’aigle  blanc de la Pologne et le bouclier rouge de la Lituanie. L’amarante est une couleur rouge foncé, obtenue à partir d’une pâquerette et qui servait à colorer la croute des fromages. Le mot grec « a-maranthos » signifie « qui ne fane pas, qui ne pourrit pas. » Y a-t-il un rapport avec le dernier vers : « Die Rosmarinzweige verwelken  - Les branches du romarin fanent ? »

 

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