- Détails
- Camp de Ravensbrück
|
LITT KZRav 088 JE NE SAIS PAS T’ENVOYER PLUS Ich weiss nicht mehr an dich zu richten |
|
||
|
|
JE NE SAIS PAS T’ENVOYER PLUS Ich weiss nicht mehr an dich zu richten
|
|
|
|
1. Je ne sais pas t’envoyer plus, ces mots remplis d’amour. Je ne peux plus te les adresser, doux ou chaleureux. Mon cœur est blessé, il est devenu sec, Plus tard peut-être il guérira, quand je t’enlacerai silencieuse.
2. Maintenant regarde, mes mains sont les mêmes, qui t’ont jadis arraché à la mort dans la plus grave maladie Et t’ont protégé comme des ailes de toute détresse. Regarde, mon fils, aujourd’hui te fait face le travail de mes mains.
3. Je t’ai porté sur les mains, dans les nuits sombres, Avec elles j’ai réussi à tarir tes larmes,
Je te berçais dans tes rêves, ensoleillés comme un conte, Et je faisais sur ton front le signe de croix protecteur.
terrible souci ! La peur, terrible, sans frontière, qui me secoue comme une folie, Quand je suis des yeux mes mains noires et mobiles, Je pense, peut-être…mon fils, que j’ai nourri de mes mains la mort.
5. Comment puis-je t’appeler avec des mots d’amour, hélas, Quand mes propres mains méprisent mon cœur ? S’arracher le cœur et les mains – ce serait si simple, Car ils me sont étrangers et me font souffrir.
6. Le vent souffle derrière les murs et les machines vrombissent, La tête éclate de douleur et penche si bas.
Mon fils, que Dieu veuille te garder ! Mon fils unique, Tu vivras et tu te chargeras de la vengeance.
7. Ecoute, si je ne reviens pas, oublie Que tu restes triste et seul dans les décombres et la cendre. Ne plains pas mon cœur, ni la tendresse Mais venge mes mains, qui doivent aujourd’hui s’abimer.
8. Je ne veux pas pleurer, je ne peux pas, mais dans mon désespoir Je transforme mon tourment en foi puissante, Je te vois sur mon champ, dans le soleil, parmi les joueurs, Et je bénis de loin la force de tes bras.
|
1. Ich weiss nicht mehr an dich zu richten, die liebevollen Worte. Ich kann sie nicht mehr an dich richten, weder sanfte noch warme. Mein wundes Herz, es verdorrte, Später, vielleicht wird es heilen, wenn ich dich still umarme.
2. Jetzt schau - meine Hände sind die gleichen, die dich einst dem Tod Entrissen in schwerster Krankheit Und dich wie Flügel beschützten vor aller Not. Schau, mein Sohn - heute ist gegen dich meiner Hände Arbeit.
3. Auf den Händen trug ich dich in dunklen Nächten, Deine Tränen ich mit ihnen zum Versiegen brachte, Ich wiegte dich in Träume, sonnig wie ein Märchen, Und auf deine Stirn ich das schützende Kreuzzeichen machte. 4. Und jetzt - großer Gott, nimm von mir die schreckliche Sorge! Die Furcht, schrecklich, ohne Grenzen, wie ein Wahn mich erschüttert, Wenn ich meine Hände schwarz und beweglich, verfolge, Denke ich, vielleicht ... Mein Sohn! - der Tod wird mit diesen Händen gefuttert."? 5. Wie soll ich dich mit Worten der Liebe rufen, ach, Wenn meine eigenen Hände verachten mein Herz? Sich das Herz und die Hände auszureißen - es wäre so einfach, Denn sie sind mir fremd und bereiten mir Schmerz.
6. Der Wind braust hinter den Mauern und die Maschinen dröhnen, Der Kopf zerspringt vor Schmerzen und beugt sich so tief. Mein Sohn, Gott möge dich beschützen! Mein einziger Sohn- Du wirst leben und nimmst für alles die Vergeltung entgegen.
7. Höre! Wenn ich nicht zurückkehre, vergiss es Dass du traurig und allein in Schutt und Asche bleibst. Bedaure nicht mein Herz, auch nicht die Zärtlichkeit, Aber nimm Rache für meine Hände, dass sie heute verderben müssen.
8. Weinen will ich nicht, ich kann nicht, aber in meiner Verzweiflung Setze ich meine Qual in mächtigen Glauben um, Ich sehe dich auf meinem Feld, in der Sonne, unter des Spielern, Und segne die Kraft deiner Ärme aus der Ferne. |
|
Texte Ich weiss nicht mehr an dich zu richten auteur : Maria Rutkovska polonais traduction de p.
1. dans Europa im Kampf 1939-1944 Internationale Poesie aus dem Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p. Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur Metropol Verlag 2005 Berlin
2. dans Europa v boij, 1939-1944 contient les textes du 1er livre en langue originale Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin original : , p. fr. : Yves Kéler Bischwiller
Mélodie sans mélodie |
|
|
Texte français en présentation normale
1. Je ne sais pas t’envoyer plus, ces mots remplis d’amour.
Je ne peux plus te les adresser, doux ou chaleureux.
Mon cœur blessé, il est devenu sec,
Plus tard peut-être il guérira, quand je t’enlacerai silencieuse.
2. Maintenant regarde, mes mains sont les mêmes,
Qui t’ont jadis arraché à la mort dans la plus grave maladie
Et t’ont protégé comme des ailes de toute détresse.
Regarde, mon fils, aujourd’hui te fait face le travail de mes mains.
3. Je t’ai porté sur les mains, dans les nuits sombres,
Avec elles j’ai réussi à tarir tes larmes,
Je te berçais dans tes rêves, ensoleillés comme un conte,
Et je faisais sur ton front le signe de croix protecteur.
4. Et maintenant – grand Dieu, enlève-moi le terrible souci !
La peur, terrible, sans frontière, qui me secoue comme une folie,
Quand je suis des yeux mes mains noires et mobiles,
Je pense, peut-être…mon fils, que j’ai nourri de mes mains la mort.
5. Comment puis-je t’appeler avec des mots d’amour, hélas,
Quand mes propres mains méprisent mon cœur ?
S’arracher le cœur et les mains – ce serait si simple,
Car ils me sont étrangers et me font souffrir.
6. Le vent souffle derrière les murs et les machines vrombissent,
La tête éclate de douleur et penche si bas.
Mon fils, que Dieu veuille te garder ! Mon fils unique,
Tu vivras et tu te chargeras de la vengeance.
7. Ecoute, si je ne reviens pas, oublie
Que tu restes triste et seul dans les décombres et la cendre.
Ne plains pas mon cœur, ni la tendresse
Mais venge mes mains, qui doivent aujourd’hui s’abimer.
8. Je ne veux pas pleurer, je ne peux pas, mais dans mon désespoir
Je transforme mon tourment en foi puissante,
Je te vois sur mon champ, dans le soleil, parmi les joueurs,
Et je bénis de loin la force de tes bras.









