« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
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*1939 - † 2018

LITT KZRavensbrück 085 QUAND JE VAIS MOURIR DE NOSTALGIE Wenn ich von Sehnsucht beinah sterbe

 

 

QUAND JE VAIS MOURIR DE NOSTALGIE

Wenn ich von Sehnsucht beinah sterbe

 

anonyme

Lettre à la mère -Brief an die Mutter

 

1943

russe

 

 

 

1. Quand je meurs presque de nostalgie,

    Ton image m’aide en mon cœur.

    Je te regarde en mon esprit,

    A toi mon âme crie sa peur.

 

2. Et mes pensées souvent tristes

    Quittent mon fruste esclavage,

    Où sous les sinistres nuages

    Je ne peux étouffer mon esprit.

 

3. Et il me semble, au crépuscule,

    Comme si j’étais à la maison,

    Regardant, minuscules,

    Tes yeux ma chère, en la saison.

   

4. Je vois que ton dos s’est courbé

    De nostalgie et de souci,

    Et la photo de l’exilée,

    Ta fille, dans tes mains, ici.

 

5. Je vois aussi couler tes larmes

    De tes magnifiques yeux,

    Clairs miroirs de l’âme.

    Tu pries pour nous à Dieu.

   

6. Pour nous, disparues sans traces,

    Qui en combattant avancent,

    Pour toi, qui es seule et pauvre

    A la maison, dans l’épreuve.

 

7. Et je vois tes mains tremblantes

    Toucher mes livres sous la pente,

    A leur ancienne et bonne place,

    Je les vois en piles sous la glace.

 

8. Sur ma chaise vide orpheline,

    Tu t’assieds, ta tête s’incline,

    Tu pleures, sans moi à la table

    Bien dressée propre, impeccable.

 

9. O toi, si lointaine et si proche,

    Petite vieille et pauvre femme,

    Notre destin est-il si moche

    Que nous ne verrons plus nos âmes ?

 

10. Il fait plus sombre, c’est le soir,

      Ton image pâlit dans le noir.

      Fatiguée de pleurer, je ferme les yeux,

      Dans ce pays éloigné sous les cieux.

      

 1. Wenn ich vor Sehnsucht beinah sterbe

Hilft mir dein Bild in meinem Herz

Ich blick auf dich du meine liebe

Und meine Seele schreit nach dir.

 

2. Ja meine traurigen Gedanken

Verlassen dann die Knechtschaft hier

Wo unter unheimlichen Wolken

Mein Herz ich nicht ersticken kann.

 

3. Es scheint mir dann im Dämmerlichte

Als ob ich doch zu Hause wär

Und sähe deine teuren Augen

Ich blick - du liebe - ja auf dich!

 

4. Ich seh wie krumm dein Rücken wurde

Von Kummer und von Sehnsucht auch

Wie du mit einer Hand berührst

Das Foto deiner Tochter dort.

 

5. Ich seh auch dicke Tränen rollen

Aus deinem wunderschönen Auge das

Von Trauer und Gebet verklärt

Ich seh dich beten für uns alle.

 

6. Für uns, die spurlos sind verschwunden

Für uns, die kämpfend vorwärts gehn

Für dich, die bettelarm und einsam      

Zu Haus geblieben (b)ist* allein   

                            * le "b" manque

7. Ich seh wie deine Hände zitternd

An meine alten Bücher rühren

An ihren alten, guten Plätzen

Seh ich sie noch gestapelt liegen.

 

8. Auf meinen Stuhl, den so verwaisten,

Setzt du dich jetzt, den grauen Kopf gesenkt

So weinst du bitterlich und sitzt am rein

Gedeckten Tisch alleine ohne mich.

 

9. Oh du so ferne und so nahe

Du arme, alte kleine Frau

Ist unser Schicksal denn so grausam

Dass ich dich nie mehr wiederseh?

 

10. Es wird nun dunkler hier und schwärzer

Dein Bild verblasst in dieser Nacht

Vom Weinen müde schliesse ich die Augen

In einem Land, so fern und fremd

 

         Texte        Wenn ich von Sehnsucht beinah sterbe

                          auteur : anonyme 1943 russe

                          traduction de Irina Liebmann, p. 85

 

                      1. dans Europa im Kampf 1939-1944

                          Internationale Poesie aus dem

                          Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p. 85

                          Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur

                          Metropol Verlag 2005 Berlin

 

                      2. dans Europa v boij, 1939-1944

                          contient les textes du 1er livre en langue originale

                          Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin

                          original : Pisbmo k Maetri, p.

                          fr. : Yves Kéler 15.11.2014 Bischwiller

 

         Mélodie:     aucne 

 

 

 

Le texte

        Ce poème russe anonyme s’intéresse à la relation avec la famille, ici la mère, apparemment veuve et seule. Le courrier était très réglementé et rien d’intéressant ne pouvait y être communiqué. « On pouvait écrire une fois par mois à la maison. La cantine vendait (au début) du papier à lettre pré-imprimé : quelques courtes lignes, c’était toute la lettre.

 

        L’auteur voit sa mère devant soi, elle la voit agir dans sa maison. Le mot « Ich seh – Je vois » revient 5 fois dans la vision imaginaire, str. 4, 5 et 7. A la strophe 9, est exprimé le vœu de revoir physiquement la mère, « Wiedersehn – Revoir », pour que la réalité remplace l’imagination. Qu’écrire ? Ce que la censure laissait passer : je suis en bonne santé, je me souviens de vous, merci pour le paquet, je me réjouis de vous revoir. Saluez tous les oncles et les tantes, qui ne sont des oncles et des tantes que dans nos lettres. Comment allez-vous ? Maman, ne pleure pas, je reviendrai. Eux écrivaient la même chose et des nouvelles familiales. Ils essayaient de nous esquisser la situation de la guerre par des allégories. La signification la plus importante de ces lettres consistaient en ce qu’elles étaient des attestations de vie : oui, je vis encore, oui, nous vivons encore » (Vera Hozakowa)  (d’après op. cit. p.87)

 


       

(op. cit. p. )

 

 

 

 


 

 

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